samedi 17 janvier 2009
Sans commentaires...
lundi 29 décembre 2008
1914-1918, une page est tournée
2008 a vu la célébration du premier 11 novembre sans poilus. A cette occasion de multiples hommages ont été rendus aux victimes de la guerre, soldats tués ou mutilés qui ont rejoint définitivement les pages des livres d’Histoire. Si les hommes ont payé de leur sang le prix de cette affreuse boucherie, aucune commémoration n’a, à ma connaissance, été célébrée aux femmes dont les fiancés ont été massacrés et qui, par fidélité envers leurs disparus ou en raison du déficit de population masculine consécutif à la guerre, sont restés célibataires le restant de leurs jours. Le texte qui suit se veut, pour elles, un modeste hommage :
Fantômes disparus des rues de nos villages
les vieilles demoiselles ne hantent plus nos mursElles croisèrent leur siècle emportent avec elles
en guise de bagage et pour l’éternité
leurs doux amours perdus broyés aux champs d’horreurElles sont mortes deux fois écrasées par le deuil
et les boues de Verdun de Craonne ou de Flandre
renferment les secrets de leurs vies sacrifiéesLes monuments odieux glorifiant les massacres
ignorent leur douleur de ventres inutiles
et tairont à jamais leurs noms et leurs seins videsDéjà l’oubli est là on referme la tombe
Ô vous les morts toujours en fuite
n’écoutez plus sonner le glas
la glaise est amante cruelle
à qui courut sous les obusBelles fiancées de nos campagnes
n’eurent vingt ans pour leurs amants
que le temps que mit cet éclat
qui fit fleurir une cervelle
mardi 2 décembre 2008
Super, la crise est là ! (1)
Pendant que le Sarladais s’enfonce dans les frimas d’un hiver qui s’annonce précoce, le monde capitaliste s’enfonce dans une crise qui s’annonce sans précédent dans l’Histoire. Les dégâts sont déjà là et se comptent en milliers de travailleurs jetés sur le carreau pendant qu’un hold-up inédit à vu transférer des centaines de milliards d’euros et de dollars des poches de la communauté vers les portefeuilles des actionnaires des grands groupes financiers dont quelques dirigeants ont pu se constituer des confortables parachutes en or massif. Il n’y a aucune illusion à se faire, et ces milliards détournés pour « sauver » les banques et autres organismes de crédit se traduiront fatalement par une baisse d’autant des investissements publics, ils ne pourront qu’alimenter la récession qui s’annonce et se paieront rubis sur l’ongle en faillites de PME et charrettes de licenciements massifs en attendant le prévisible effondrement du système monétaire. Quand on regarde la catastrophe a laquelle a abouti la crise de 1929, précipitant le monde dans une guerre mondiale qui a fait sur la planète une centaine de millions de victimes, les mois qui s’annoncent sont lourds de menaces malgré la défaite électorale aux États-Unis des néo-conservateurs.
C’est dans ce contexte très particulier que se tient un congrès du Parti Communiste dont l‘enjeu n’est rien moins que la survie à (court ?) terme sinon d’un parti communiste en France, pour le moins du parti communiste historique. En effet, et malgré le maintien d’une certaine implantation locale dans ce que l’on peut appeler ses bastions traditionnels, son influence électorale a atteint, avec moins de 2% aux dernières présidentielles et la perte de son groupe autonome au Parlement à l’issue des législatives qui ont suivies, un record historiquement bas et ne peut que laisser à penser que nous sommes au bout du processus historique débuté en 1944 bâti sur l’illusion qu’il était possible de dépasser le capitalisme par une prise de contrôle de l’État dans le cadre des institutions, seul puis en alliance avec d’autres formations qualifiées de progressistes, et en s’appuyant sur un mouvement populaire fort. Cette illusion a pu être le moteur qui a permis le programme commun et dont le point critique fut sûrement les législatives de 1978 au cours desquelles l’union de la gauche a frôlé la majorité parlementaire en portant l’aspiration à la construction d’un « socialisme à la française ». Elle a nourri en retour une autre illusion dans les classes populaires, celles que le contrôle des institutions par les partis de gauche était la condition nécessaire et suffisante de ce que l’on appelait alors le « changement », terme dont il est remarquable de constater comment il peut être vide de tout contenu politique. Cette illusion retour explique le désarmement du mouvement populaire qui était allé en se renforçant dans les années 1970 dès lors qu’en 1981 la victoire de Mitterrand et l’élection législative qui suivait assuraient le contrôle par la gauche du Parlement et de l’exécutif.
Ayant perdu le leadership au sein des partis de gauche et entrant au gouvernement sur la base de l’application des « 110 propositions » du candidat Mitterrand dont on sait ce qu’il en adviendra, le Parti Communiste perdit avec son rôle de moteur et ainsi sa capacité d’offensive pour se retrouver sur une position purement défensive, chose inédite dans son histoire, face à la déferlante libérale accompagnant la mondialisation capitaliste et dont toutes les dimensions ne semblent pas être appréhendées dans la compréhension des bouleversements du monde auxquels nous assistons, mais j’y reviendrai. Cette perte de sa position offensive, aggravée peu après par les ondes de choc de l’écroulement des pays socialistes européens puis de l’URSS qui avait été son référent idéologique depuis sa création en 1920, a conduit le Parti Communiste à se replier sur la survie des structures administratives héritées des années 1970 et à chercher à tout prix à sauvegarder au maximum son poumon financier, le reversement des indemnités de ses élus. C’est alors que derrière une tradition révolutionnaire affirmée, au moins dans le nom, il est devenu roue d’appoint à la social-démocratie jusqu’à l’accompagner dans le remodelage libéral de la société et à perdre toute crédibilité aux yeux de son vivier électoral naturel, l’électorat populaire.
Pendant ce temps, la bourgeoisie opère à marche forcée la transformation de la société : l’exploitation se renforce par l’allongement du temps de travail, la destruction du Code du travail et la remise en cause des retraites et de la sécurité sociale pendant qu’un véritable carcan répressif se met en place, justifié par la somme des peurs sociales alimentées par le pouvoir Sarkozyste, les médias aux mains de la bourgeoisie et l’implication de la France dans la guerre impérialiste menée en Afghanistan. C’est dans ce contexte qu’est posé au Parti Communiste un nouveau défi historique et le grand parti qui a su impulser les grandes conquêtes sociales qui ont modelé la France du siècle dernier saura-t-il devenir le grand parti révolutionnaire du siècle qui s’ouvre et dessiner des perspectives porteuses de combats victorieux de notre peuple contre sa bourgeoisie et susceptibles d’ouvrir la voie à une transformation révolutionnaire de la société. J’entends par là une transformation en profondeur des rapports de propriété des moyens de production pour en finir avec les rapports d’exploitation, l’aliénation inhérente et avancer vers cette libre association des producteurs en ligne de mire de la visée communiste.
Au coeur de la mutation libérale de la société se dessine une bataille idéologique de longue haleine menée et provisoirement gagnée par la bourgeoisie à l’issue d’un quart de siècle de renoncement dans les faits par le Parti Communiste de porter l’exigence d’un changement de mode d’organisation de la société au coeur du débat politique, tout englué qu’il se trouve dans sa position défensive et dans l’exigence pour la survie de ses structures administratives d’accepter des accords électoraux à tout prix avec un Parti Socialiste dont la seule visée politique n’est que détourner les aspirations populaires afin qu’elles s’enferment dans un vote de réaction face à l’outrance des attaques menées par la droite, pour finalement poursuivre le remodèlement libéral de la société. C’est dans ce contexte que le Parti Communiste se trouve à la croisée des chemins, et le choix se résout à une alternative. Soit achever sa mutation et tenter d’occuper le terrain social-démocrate dégagé par le glissement du Parti Socialiste vers le centre droit et laisser le terrain libre au Nouveau Parti Anticapitaliste qui entend bien l’investir, soit devenir un parti communiste moderne, ancré sur les réalités de la société et capable d’élaborer une stratégie révolutionnaire afin de contribuer à faire grandir dans notre peuple les luttes contre les ravages du capitalisme et les faire converger en une exigence populaire de transformation sociale dont les contours ne pourront être dessinés que par le mouvement social lui-même et dont il serait pleinement un acteur décisif. L’enjeu est de taille, la tâche peut paraître immense, mais elle est à l’image du champ libre ouvert par la crise qui s’ouvre, dont les dégâts déjà annoncés sont considérables et dont on ne mesure peut-être pas l’ampleur des bouleversements sociaux profonds que risque d’engendrer le processus dans lequel on s’est engagé.
mardi 16 septembre 2008
Gott mit uns...
Tout va bien, Dieu est avec nous et son représentant sur terre est reçu dans les décombres de la république laïque avec les honneurs dus à son rang. Tapis rouge et flonflons pour l’ancien des jeunesses hitlériennes Ratzinger par le rejeton d’un noble hongrois ayant plus vite fuit les chars de l’armée Rouge qu’il n’avait du mettre de zèle à entrer en résistance contre l’envahisseur nazi.
Somme toute rien que de très cohérent en ces temps de prêche de nouvelles croisades au nom d’une lutte contre un terrorisme qui collerait à ces terres d’islam comme la glaise à nos sabots. Croisades au nom d’un bien cent fois revisité mais qui a de tout temps justifié en tout lieu les pires ignominies.
Quelle différence de fond entre des forces de l’OTAN bombardant des villages à titre de représailles dans des zones contrôlées par la guerilla des talibans et une colonne de la division Das Reich brûlant le village d’Oradour sur Glane au coeur de la “petite Russie” contrôlée par les terroristes de la résistance ?
"Il faudrait d'abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu'il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un oeil crevé et qu'en France on accepte, une fillette violée et qu'en France on accepte, un Malgache supplicié et qu'en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s'opère, une gangrène qui s'installe, un foyer d'infection qui s'étend et qu'au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et "interrogés", de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette lactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l'Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l'ensauvagement du continent.
Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s'affairent, les prisons s'emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s'étonne, on s'indigne. On dit : "Comme c'est curieux ! Mais, Bah! C'est le nazisme, ça passera !" Et on attend, et on espère; et on se tait à soi-même la vérité, que c'est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c'est du nazisme, oui, mais qu'avant d'en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l'a supporté avant de le subir, on l'a absous, on a fermé l'oeil là-dessus, on l'a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s'était appliqué qu'à des peuples non européens ; que ce nazisme là, on l'a cultivé, on en est responsable, et qu'il est sourd, qu'il perce, qu'il goutte, avant de l'engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.
Oui, il vaudrait la peine d'étudier, clinlquement, dans le détail, les démarches d'Hitler et de l'hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu'il porte en lui un Hitler qui s'ignore, qu'Hitler l'habite, qu'Hitler est son démon, que s'il vitupère, c'est par manque de logique, et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est que l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde et les nègres d'Afrique.“
Discours sur le Colonialisme - Aimé Césaire - Présence Africaine (1955)
mardi 24 juin 2008
Onanisme

Monsieur Frédéric Inizan, libraire à Sarlat, a jadis quitté un PS ne devant pas lui faire la place qui convenait au surdimensionnement de son égo pour prendre la seule carte d’un parti vaguement à gauche ne possédant pas d’adhérents à Sarlat. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé, seul rôle qu’il put accepter, leader incontestable et incontesté en Sarladais d’une force politique “nationale” et que la bonne ville de La Boétie s’est retrouvé plongée au coeur de l’enjeu écologique lors des dernières élections locales.
Face à l’outrecuidant refus des formations de la gauche sarladaise de le porter tête de liste aux dernières municipales, monsieur Inizan, à l’issue d’une mémorable réunion au cours de laquelle les autres participants auront eu l’impression de le voir gonfler à l’image d’un crapaud rendu célèbre par une fable, décida de se porter candidat et de monter une liste dont la présentation est une raison parmi d’autres de la reconduction de monsieur De Peretti à la mairie.
Elu conseiller municipal à défaut d’être maire, monsieur Inizan nous gratifie régulièrement sur son blog de sa prose de représentant du peuple dans un bloc-note dont le premier paragraphe nous apprend que sa maman est venue le soutenir pour son premier conseil municipal. Si cette information n’est pas de toute première importance politique, elle situe cependant le noeud de la problématique du personnage public qu’il est devenu. Parvenu sur un piédestal et visible de la populace, monsieur Inizan se sent bien. Il peut désormais croire qu’il a commencé à arriver quelque part et, tantôt de sa main gauche, tantôt de sa main droite, secouer ce qui lui sert d’idées et y prendre du plaisir, fusse un plaisir stérile et solitaire.
Peu importerait qu’il se mette ainsi en joie si ses trémoussements se faisaient dans la douce chaleur de l’alcôve. Malheureusement, il a choisi la place publique et asperge régulièrement des éclaboussures du fruit de ses ébats les communistes du Sarladais. Je n’entrerais pas, à la veille de partir faire la saison dans les canyons ossalois, dans une polémique avec monsieur Inizan. Il n’en mérite pas la peine, l’onanisme est un sport qui se pratique seul et dans lequel il semble se débrouiller comme un chef.
Je tenais seulement à relever qu’oser reprocher au PCF d’aller à la soupe à l’UMP est grotesque, je laisse Annick répondre sur le fond dans le journal de la section. Quand une telle accusation vient du “représentant” d’un parti de gauche n’ayant jamais hésité à s’allier ouvertement à la droite pour faire main basse sur des mairies gérées jusque-là par des communistes comme Bègles ou Montreuil, on franchit allègrement les rivages de l’indigne.
