lundi 26 février 2007

Papon est mort...

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... grand bien nous fasse.

Puisse-t'il rencontrer dans ses errances futures la longue colonne des victimes de son ambition sans scrupules. Les enfants, femmes et hommes raflés en gironde parce que nés juifs et déportés au camp de Drancy d'où ils furent livrés à la froide et bien huilée machine à assassiner nazie pour finir de la mort atroce que l'on sait; Les nationalistes marocains et algériens disparus ou exécutés lors de ses passages comme haut fonctionnaire au Maroc et à Constantine en Algérie; Les manifestants algériens venus en famille et en paix manifester leur soutien au FLN au coeur de Paris et dont la seine charriait des corps une semaine après le massacre ou les huit de Charonne lors de son passage comme préfet de police de la Seine.

Puisse-t'il ne jamais trouver la paix, ce parfait exemple de ce que notre république est capable d'engendrer de meilleur. Qu'on en juge, ce fils de petit notable du centre-gauche a gravi tous les échelons de la fonction publique jusqu'au poste de préfet de Police de Paris avant de poursuivre une carrière politique qui devait l'amener au plus haut sommet de l'état comme ministre du budget. C'est que de la SFIO sous le Front Populaire jusqu'au gaullisme de la 5ème république en passant par la "révolution nationale" de ce bon vieux Pétain, ce pilote en eaux troubles a su naviguer avec finesse et comme seule boussole son ambition sans limite. Jusqu'à franchir en toute conscience et avec un cynisme total les frontières de l'innommable. Mais qu'on ne se trompe pas, en franchissant le rubicond de l'ignominie, Papon n'agit pas seul. Ça n'est pas un déséquilibré qui fourvoie la "République" dans l'erreur sanguinaire. Non, c'est tout simplement une république de façade issue d'un pacte scellé entre notables radicaux et réactionnaires monarchistes sur les ruines fumantes et les charniers de la Commune de Paris, une république qui a pu envoyer pendant 4 ans les forces vives de sa nation se faire broyer aux champs d'horreur sans trembler sur ses bases, une république au seul service des intérêts de sa bourgeoisie qui recouvre son lit naturel après l'aube avortée d'un front populaire qui n'a même pas été capable de tendre la main à son frère espagnol étranglé par la sédition et les armées fascistes et nazies, une république fondée sur la haine de classe dès son enfantement et qui poursuit dans la collaboration la seule tâche qui lui a été confiée sur ses fonds baptismaux : Contenir les aspirations populaires pour qu'elles n'empêchent pas la bourgeoisie de continuer à mettre en coupe réglée les richesses de la nation. La réhabilitation de Papon au sortir des années noires de l'occupation n'est ainsi pas une erreur. C'est la réhabilitation, par une droite que De Gaulle aura sauvé du naufrage, de l'appareil d'état indispensable à la poursuite des sales besognes de la république, aussi bien sur le sol national que dans les colonies.

Que Papon meure aujourd'hui est sûrement la seule chose de bien qu'il ait fait dans sa vie : Il nous rappelle la vraie nature des enjeux à la veille d'une échance électorale au cours de laquelle on voudrait nous faire croire qu'il n'y aurait le choix qu'entre le premier flic de France et la madone d'un PS dont on se demande où s'arrêtera sa dérive libérale, sous la menace du thuriféraire des fascismes et autres nazismes du XXème siècle.

Qu'on ne s'y trompe pas, la république et la démocratie restent encore à construire dans notre pays.

vendredi 26 janvier 2007

Janvier ...




Ca y est nous y sommes. 2007 est parti, on s'y enfonce. Saddam Hussein est mort, assassiné par les collabos irakiens, et ce crime met en lumière une fois de plus, si c'était nécessaire, la démocratie "made in USA". Une "démocratie" qui sent le gibet et les corps en décomposition depuis sa fondation sur les décombres des peuples amérindiens exterminés avec un méthodisme et une application préfigurant, déjà, les délires exterminateurs de l'Allemagne nazie et dont auront massivement fait les frais les juifs d'Europe, les Tziganes et les Soviétiques.


2007 commence grise sur le vieux continent. Pas de ce gris lumineux du givre et de la brume descendant la vallée et qui nous rappelle, malgré les explosions d'une lumière ciselée dans la cristalline clarté de l'après-midi, que l'hiver n'a pas abandonné les rives de la Dordogne. De ce gris de cendre qui vient recouvrir les environs immédiats des catastrophes et dont les new-yorkers doivent encore garder le goût âcre bien incrusté au fond de leurs sinus. C'est qu'alentour tout semble vouloir continuer à brûler. Le capitalisme mondialisé continue a étendre ses ravages et à resserrer son étreinte des fins fonds de l'Afrique aux bords de la Baltique. Ici même tous les freins semblent levés et la pente libérale dans laquelle s'engage la société paraît devoir mener la voiture des conquêtes sociales à un crash que le Medef appelle de ses voeux les plus indécents, allant jusqu'à réclamer la suppression de la durée légale du travail (!!!!) et que relaie inlassablement notre nabot national sans que la candidate socialiste ne semble s'en émouvoir plus que ça. Et pourtant il y a tout lieu de s'inquiéter gravement. Entre la dérive tout sécuritaire et l'apologie du travail au seul profit des mêmes, il y a des accents qui rappellent un "arbeit macht frei" de sinistre mémoire... Les portes de cet enfer s'ouvraient d'ailleurs sur quelques rares survivants et sous les regards incrédules et choqués d'une patrouille montée de l'avant garde de l'Armée Rouge il y aura tout juste 62 ans demain. Mémoire.


Pas de signe d'éclaircie à l'horizon ? Heureusement il y a Cuba et la vague bolivarienne qui semble vouloir emporter un à un les pays d'Amérique Latine vers un avenir libre loin de la tutelle assassine du plus grand pourvoyeur de criminels de l'histoire. Le Venezuela au terme d'un processus initié en 1998 affirme vouloir s'avancer sur la voie du Socialisme, suivi par la Bolivie. L'Argentine, le Chili, l'Uruguay, le Salvador et le Brésil avaient déjà porté au pouvoir une gauche après des années de plomb, que viennent rejoindre l'Equateur et le Nicaragua. Une fraude massive a volé la victoire au candidat progressiste lors des dernières élections présidentielles du Mexique. Les cartes sont-elles prêtes pour une redistribution du jeu en Amérique Latine ? L'Oncle Sam y perd du terrain, et c'est déjà en soi une bonne nouvelle.


En attendant, déjà 43 ans que les FARC de Colombie ont lancé leur combat libérateur... 43 ans de courage et de sacrifices méritent bien un petit hommage.



lundi 25 décembre 2006

Cadeau de Noël ?


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L'hiver est arrivé brutalement à la date prévue le 21 décembre, comme figeant dans un écrin de glace la ville et les campagnes environnantes. Noël est arrivé, la place de la liberté et les rues du centre ville avaient samedi retrouvé leur affluence des grands jours malgré un froid vif et pénêtrant. C'est la trêve des confiseurs qui vient clore une semaine à l'issue de laquelle le grand rassemblement auquel travaillaient les forces anti-libérales se retrouve face à un avenir incertain.


La décision de présenter Marie-George Buffet prise par le parti vient bousculer le rassemblement et marque, quoiqu'on en pense, une rupture. Cependant, si on ne peut que regretter cette rupture unilatérale du processus de désignation du candidat, force est de constater que depuis le collectif national des 9 et 10 décembre celui-ci paraissait dans l'impasse. L'anathème et l'invective avaient remplacé le débat de fond sur les sites progressistes et rien de bien rassembleur ne paraissait pouvoir sortir rapidement de cela.


Pourtant l'enjeu est de taille. Face à la déferlante libérale qui s'annonce il s'agissait de permettre à notre peuple de se saisir d'un bulletin de vote et en faire une arme contre un avenir tout fait où il n'aurait eu le choix qu'entre un libéralisme de droite et un libéralisme de gauche. De lui donner l'occasion d'amorcer un processus politique permettant d'envisager la construction d'un autre choix de société pour plus de justice et de liberté, à l'image des expériences qui commencent à se mettre en place en Amérique Latine. Quel enjeu ! Et quel travail ! Nul doute que la route d'une telle construction soit un chemin ardu pavé d'embûches, la désignation d'un candidat pour les présidentielles en étant une de taille. Personne n'en doute, ainsi qu'en témoigne le rapport de Patrice Cohen-Seat au Conseil National des 28 et 29 septembre 2006 :


Il ne s’agit pas de se raconter d’histoires. Les difficultés sont grandes, à la mesure de l’enjeu : mettre en œuvre en France une politique antilibérale, c’est-à-dire engager, dans des conditions radicalement différente de celles du siècle dernier, une véritable rupture avec le capitalisme dans un des pays les plus puissants du monde. Mais je maintiens que le pire, encore une fois, serait de passer à côté d’une chance historique en sous-estimant le possible.


Quoi qu’il arrive, je ne crois pas qu’il y ait d’alternative à l’effort dans lequel nous sommes engagés. Personne ne peut prévoir si et dans quelle mesure notre peuple se saisira dès 2007 de l’enjeu historique d’une alternative antilibérale à gauche. Mais notre responsabilité est à coup sûr de créer les meilleures conditions pour qu’il en ait la possibilité. Elaborer un programme politique convaincant, rassembler pour le porter le plus grand nombre possible de femmes, d’hommes et de forces dans lequel il puisse se reconnaître et avoir confiance : il n’y a aucun « truc » qui puisse nous faire faire l’économie de ce travail de fond.




En présentant Marie-George comme candidate en passant outre la recherche d'un consensus, le parti fait un double pari : Que la démarche unitaire n'explose pas en vol, et que les collectifs locaux légitiment cette candidature, se l'approprient et s'engagent sans réserve dans une campagne politique afin de faire converger ce ras-le-bol qui monte dans le pays vers la candidature de Marie-George. C'est un pari qui me semble risqué et lourd de menaces pour l'avenir de la dynamique unitaire qui semblait avoir commencé à prendre dans le pays mais j'espère que c'est un pari que gagnera, avec Marie-George, le mouvement anti-libéral. Il y va des combats futurs que nous ne manquerons pas d'avoir à mener.


Sur ce : Joyeux Noël !!!!!







mardi 19 décembre 2006

Fritures sur la ligne anti-libérale ?

Bastille 29 mai 2005

Pendant que ça patine sur la grande Rigaudie, il semble que ça dérape du coté gauche à la construction d'une alternative anti-libérale pour la présidentielle de 2007.

Nous sommes appelés à voter mercredi pour savoir si Marie-George devait maintenir sa candidature à la course à l'investiture unitaire. Saperlipopette ! Je ne sais pas ce qui s'est passé dans les autres assemblées de communistes de par le pays mais si la direction avait eu ses oreilles à la Bouquerie mercredi dernier, elles les aurait vues passer du rose au rouge. Clair que l'affaire nous tenait à coeur. La salle était pleine ce soir-là, à l'image de l'implication citoyenne de la semaine précédente qui avait fait se remplir la salle Denoix pour la désignation des délégués à la conférence nationale des 9 et 10 décembre.

Si le Parti avait la capacité à rassembler largement autour de sa secrétaire nationale quel besoin aurions nous de collectifs dans lesquels nous apportons bien souvent l'essentiel de la force militante? C'est faire le jeu de la direction de la LCR qui tente contre l'avis de son électorat de bloquer le processus unitaire que de vouloir faire passer en force Marie-George. Indépendamment de ses qualités humaines et de femme en politique je pense que c'était une faute politique de la présenter à l'investiture, on le voit maintenant. La maintenir serait au pire courir le risque de faire péter le parti de l'intérieur, au mieux bloquer toute alternative à gauche.

Qui peut bien croire en effet qu'en cas d'échec du processus unitaire Besancenot et Laguiller n'obtiendraient pas les 500 signatures avec en sous main la bénédiction du PS ? Sans une mobilisation sans faille des collectifs unitaires, en permanence renvoyée dos à dos aux candidats de la LCR et de LO par les grands médias au service de la bourgeoisie, que pourrait faire de beaucoup mieux Marie-George que ce bon vieux Robert avec ses 3,37% il y a 5 ans? Forte du ralliement de Chevènement et de Taubira, Ségolène aurait beau jeu de faire fonctionner à fond les leviers du vote utile sur une opinion de gauche traumatisée par le 21 avril 2002 face à une vraie gauche profondément divisée.

Et pourtant il y a urgence à s'entendre. A coté d'un Sarkozy qui s'apprête à dynamiter les acquis sociaux, le danger de dérive libérale vient aussi plein pot de Ségolène Réac qui n'a jamais fait illusion sur sa soi-disante appartenance au peuple de gauche. Ses dérives populistes et sécuritaires actuelles ne sont pas de simples accidents de parcours, comme en témoigne une personnalité peu susceptible de parti pris dans le débat qui s'annonce :

La révolution, la gauche, la droite et Ségolène vus par Bourdieu
(format flash)







dimanche 17 décembre 2006

Ça glisse sur la grande Rigaudie...


Ça y est ils l'ont installée. L'association des commerçants de Sarlat et fer de lance de l'équipe municipale en place offre généreusement aux habitants de la ville une patinoire pour la durée des fêtes. Installée sur une place de la grande Rigaudie vidée de ses voitures aux immatriculations lointaines, les enfants de la petite bourgeoisie Sarladaise vont pouvoir s'adonner en bonne compagnie aux joies du patinage sur glace. A 4 euros le ticket de 50 minutes, sûr que les gamins des HLM de la Brande ne vont pas venir s'y bousculer pour de longues après-midi de glisse. Mais il est vrai que-ceux là n'ont qu'à attendre que les étangs des environs ne gèlent.


C'est donc une semaine sociale riche qui s'achève à Sarlat. Celle-ci avait commencée mercredi par l'arbre de Noël des services sociaux de la Mairie. Après un enquiquinant spectacle au cours duquel des enfants éteints n'arrivaient pas à retrouver l'air du "petit papa noël" (à tel point qu'on était en droit de se demander à quoi servait leur professeur) celui-ci, ventripotent vieillard revêtu de son uniforme coca-cola, faisait son apparition pour la grande joie des petits mais surtout des plus grands. Un cadeau pour chacun dans la joie et la bonne humeur générale, Sarlat est une ville où il fait décidément bon vivre et nul doute que le patron du Jouet-Club cotise à l'association des commerçants.