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mercredi 4 avril 2012

Ferments d'Avenir...

En observant la montée en puissance du Front de Gauche dans l'opinion, je mesure à quel point est long le chemin parcouru depuis les déroutes de 2007.

Il y a dans ce printemps qui s'avance un je ne sais quoi de léger et de grave à la fois qui se lève et écarte les murs de la résignation dans lesquels on avait patiemment essayé d'emprisonner les aspirations populaires.

Quelques soient les résultats du 22 avril, il y déjà là une incontestable victoire sur ces années de reflux de l'idée que l'on pouvait, tous ensemble, dessiner les contours d'un avenir dont nous possèderions collectivement les leviers.

C'est tout simplement régénérant.

 

lundi 17 mars 2008

Municipales et cantonales : Réaction à chaud...

Il y a une kyrielle d’enseignements à tirer des élections municipales et cantonales qui viennent de s’achever ce soir, mais mon premier sentiment est la nausée.

Nausée, car au-delà de de la satisfaction que pourrait apporter la défaite dans grand nombre de villes et de cantons des candidats de cette droite que l’on dit décomplexée en train d’accélérer le remodelage libéral de notre société, on observe la poursuite de l’écrasement d’un Parti Communiste, apparemment consentant, par le rouleau compresseur du parti socialiste.

Nausée, car quand le PS et les verts viennent de faire main basse avec la complicité active de l’UMP sur un certain nombre de “bastions“ emblématiques tels qu’Aubervilliers, Montreuil ainsi que sur le conseil général de la Seine-Saint Denis, quand les mauvais reports de voix socialistes empêchent la victoire de listes dirigées par des communistes comme à Corbeil Essonne, alors la satisfaction affichée par Marie-George Buffet sur les plateaux télés n’ayant que la gauche à la bouche ne relève que d’une logique comptable : L’augmentation du nombre global d’élus locaux communistes consécutive à la poussée socialiste va apporter un ballon d’oxygène dans les finances de notre parti.

Les militants et citoyens d’Aubervilliers, de Montreuil, du 93 et d’ailleurs apprécieront de voir la perte de leurs élus communistes et des politiques solidaires et de résistance qu’ils auraient pu animer voir passer en perte et profits par une direction du PCF sans visée politique pour notre peuple.

Il y a fort à parier que des lendemains qui déchantent se préparent si la masse des militants ne reprend pas vite en main la destinée de son parti si cela n’est pas déjà trop tard.

jeudi 6 mars 2008

En meeting commun, Hollande et Buffet appellent à l’esprit de "résistance".

Buffet et Hollande

François Hollande (PS) et Marie-George Buffet (PCF) ont appelé au rassemblement de la gauche dans un esprit de "résistance" face à la droite lors de leur unique meeting commun de la campagne des municipales, mardi soir, à Romilly-sur-Seine (Aube).

C’est le même calice que l’on suce jusqu’à la lie.

Nous sommes un parti communiste sans boussole avec une direction qui suit la même logique depuis des années, engluée dans une pratique politique complètement déconnectée des enjeux de la période et qui assiste impuissante à un délitement du parti dont sa politique est la seule et unique responsable.

En basant toute son action politique sur la sauvegarde de quelques strapontins d’élus, elle fait d’un moyen son seul et unique but, au prix de la disparition de notre électorat et de nos militants. Pour au final constater la disparition du parti et sa fusion dans une force social-démocrate sur le modèle die-linke...

La campagne d’affiche "la bourse ou la vie - Rendons l’argent utile" illustre à sa façon une fois de plus la dérive de notre direction. Avec de tels mots d’ordre qui s’inscrivent dans l’illusion que l’argent serait une ressource comment espérer construire une culture alternative résistant à la pression de l’idéologie dominante de l’argent roi.

Le congrès de la fin 2008 sera décisif, il est de la responsabilité de tous les communistes de lancer le débat dans leurs sections dès aujourd’hui et de commencer à construire ce rassemblement dont on parle depuis si longtemps. Que celui-ci se fasse avec le parti s’il sort renforcé, c’est-à-dire que sera ouvert le chantier de la reconstruction d’un véritable parti communiste, ou avec ses fragments épars si le processus d’atomisation en cours est poussé jusqu’à l’explosion.

Mais quelque soit l’issue pour le parti, sa direction aura des comptes serrés à rendre à ses militants, mais aussi à la mémoire des 5 générations de communistes qui y ont investi leur temps et leur énergie, parfois jusqu’à lui donner leur vie.

jeudi 20 décembre 2007

De l'union et des communistes...

Union !

La question de l’union avec le Parti Socialiste pour les municipales est au centre du débat dans le Parti et semble polariser les clivages internes : Face à une direction nationale dont le but affiché est de parvenir à un accord global avec le PS pour « préserver » un maximum de mairies à direction communiste, la fronde gronde dans les rangs et de plus en plus nombreux sont ceux qui dénoncent cette stratégie d’alliance, qualifiée d’opportuniste et mortifère pour le Parti.

La dérive libérale du PS est assumée par sa direction qui ne cache plus son adhésion aux dogmes du capitalisme et ne fait plus d’un changement de société son objectif politique. Si cela est assumé de manière claire aujourd’hui ça n’est pas un fait nouveau et l’évolution du SPD allemand ou du New Labour anglais peut nous amener à considérer comme illusoires les vélleités des militants de l’aile gauche du PS qui, derrière Mélanchon ou Emmanuelli, espèrent en interne modifier le cap du navire social-démocrate. Le Parti Socialiste a toujours été et restera toujours, à mon sens et en dépit de son nom, une formidable machine à neutraliser toute tentative de changement de fond de notre société vers une société socialiste.

Si le clivage gauche-droite a un sens dans notre pays, il doit se situer entre ceux qui ambitionnent de renverser l’ordre capitaliste des choses et ceux qui s’en accommodent avec plus ou moins de zèle pour défendre les intérêts de la grande bourgeoisie. En ce sens le Parti Socialiste est un parti de droite mais dont une grande partie des militants et la majorité des électeurs sont des gens de gauche.

En signant un accord national avec le PS la direction du parti envoie un signe qui se veut fort à l’ensemble de l’électorat populaire, mais qui a toute les chances de n’avoir d’autre retentissement que l’explosion d’un pétard sous une cloche à vide. Signe d’autant plus incompréhensible qu’en appelant ses parlementaires à voter le 4 février en faveur de la révision constitutionnelle demandée par Sarkozy, la direction socialiste a pris le choix de soutenir activement le coup d’état institutionnel qui se prépare et dont toutes les répercussions pour l’avenir de notre « démocratie » n’ont pas été, j’en ai peur, mesurées.

Dès lors que traduit ce signe pour les militants « de base » que nous sommes, engagés dans le Parti Communiste pour de multiples raisons mais avec au coeur l’aspiration profonde que le mode d’exploitation capitaliste est au mieux un véritable gachis, au pire un système criminel de spoliation sociale s’appuyant sur un saccage sans mesure de vies et la guerre permanente pour maintenir la domination d’une petite caste sur la société ?

Ce qu’à mon sens il traduit d’abord et avant tout c’est que la direction n’a d’autre visée politique qu’électoraliste. Ce qui veut dire, dès lors que le système politique de notre pays n’a d’autre but que de perpétuer la domination de la bourgeoisie sur nos institutions et que nous parlons bien là de notre parti, le Parti Communiste, que la direction n’a pas de visée politique. Ou tout au moins pas de visée politique avouée.

Comme aucun communiste ne peut sérieusement croire qu’à ce niveau de responsabilité nous ayons placé (ou laissé placer) des irresponsables, chacun y va de son analyse sur le sens de la « gouvernance » du parti et le but poursuivi par une direction dont les préoccupations semblent de plus en plus coupées de celles de la base du parti. Et là se situe de mon point de vue de militant de base lambda, porteur de l’histoire de mon parti et ferment de son avenir, sa plus grave défaillance. En effet dans ce débat dans lequel les enjeux réels ne sont jamais posés de manière claire sur la table, les forces centrifuges internes au parti prennent une force qui croît avec le temps, ejectant un à un les militants et menaçant à (court ?) terme le parti d’explosion.

Pendant ce temps ce qui devrait être le travail de fond du parti dans la société n’est plus effectué, à savoir : La formation théorique des militants sur l’économie politique, l’histoire du mouvement ouvrier et l’analyse des contradictions du capitalisme réel ; La mise en culture d’un communisme vivant ayant comme objectif sa visée historique et sa diffusion dans les pores de la société ; La définition d’objectifs de lutte agissant sur la politique concrète de notre pays et les moyens à mettre en oeuvre pour y aboutir... Pour faire bref la construction permanente d’un Parti Communiste en prise directe avec les enjeux et le peuple de son temps.

C’est à ce niveau là et rien de moins que se situe l’enjeu du prochain congrès prévu à la fin 2008 :

Engageons ce travail de fond de redressement d’un idéal et d’une action communiste décomplexée, assumant son histoire et sa visée historique et osons nous projeter dans l’avenir pour redevenir un élément moteur de la transformation et ne plus nous contenter d’être une simple force d’inertie à la remorque du mouvement social. La lutte victorieuse lors du référendum de 2005 nous a montré l’étendu des possibles. Si nous parvenons à redevenir nous-même, la question des alliances électorales ne sera plus jamais une question centrale et se résoudra d’elle même.

Dès aujourd’hui c’est de la responsabilité de chaque communiste de prendre en main la destinée de son parti et pour en revenir aux municipales, ça ne peut-être qu’à chaque section de décider de sa stratégie locale en fonction des acteurs politiques locaux avec comme objectif de replacer la politique au coeur de l’enjeu électoral : En terme de programme électoral mais aussi et surtout en terme de volonté d’implication des citoyens dans la vie municipale pour faire de chaque commune gérée avec des communistes un relais des luttes et un obstacle qu’aura a rencontrer la bourgeoisie dans son entreprise de remodelage de la société.

mercredi 14 novembre 2007

Union de la gôche

Sego & DSK

Sacrée Ségolène,

Elle était ce mardi 13 novembre au matin invitée sur France Inter. Au milieu d’un concert d’accords avec la politique de Sarkozy, ne la critiquant que sur la méthode mais jamais sur le fond, elle est interrogée par un auditeur sur la position prise par la direction du Parti « Socialiste » sur la réforme constitutionnelle et permettant la ratification du mini traité. Elle la justifie par la nécessité de débloquer la construction européenne suite à son avalisation par les autres nations à Lisbonne alors qu'elle avait promis un référendum lors de la campagne électorale. Et ce, malgré que le Parti « Socialiste » puisse par un vote "contre" à l'assemblée bloquer le processus sarkozien...

Ségolène en ayant été battue a la présidentielle fait plus fort que tous les candidats heureux : elle n'a même pas besoin d'etre élue pour ne pas tenir ses promesses !!!!

Ceci éclaire peut-être pourquoi il n’y avait pas de socialistes à s’être rendus vendredi dernier dans la salle Joséphine Baker de l’ancien hôpital à l’invitation du Parti Communiste qui entendait par là initier une démarche publique de rassemblement à même de constituer une liste pour les municipales et susceptible d’enlever la mairie au hobereau Peretti, digne représentant de l’UMP et paraît-il ami de Sarkozy.

L’enjeu pouvait pourtant paraître important après 18 années d’une gestion de la ville par les représentants de sa bourgeoisie et alors que, face à l’entreprise de démolition du modèle social français issu des luttes de la Résistance, les élections de mars auront valeur de premier grand test électoral mais aussi pourraient permettre de mener la bataille politique pour mettre en place un maximum de municipalités progressistes. Celles-ci seraient autant de pôles de résistance à la politique de casse menée par le capital et ses valets comme autant de points d’appui pour mener la contre-offensive face à une droite et ses satellites dont les idées semblent devoir régner sans partage sur l’ensemble de la société française.

Mais de cela le Parti « Socialiste » semble se moquer, uniquement préoccupé paraît-il d’obtenir des autres forces de gauche un marchepied pour tenter de placer à la mairie de Sarlat son conseiller général.

Et dans la gauche vue par le Parti « Socialiste » que doit-on y mettre ? Le Parti Communiste à Sarlat et la droite catholique du Modem à Pau ?...

vendredi 25 mai 2007

Nous y sommes...

Thanks ImageShack!

Depuis le 6 mai les jeux sont faits. La bande à Sarko tient bien fermement en main les leviers du pouvoir et avec eux les clés du coffre. On a tout à redouter de la toile d’araignée que sa clique est en train de tisser sur les institutions et du marché que le nouveau président semble avoir passé avec la grande bourgeoisie : Je fais sauter tous les verrous qui vous empêchent de mener librement vos affaires à votre seule guise et en contrepartie je me sers comme je veux dans la caisse de la nation. Ne nous y trompons pas, c’est une république bananière qu’il y a au bout des transformations annoncées par Sarkozy au cours de sa campagne électorale. Remarque, il faut croire qu’il aurait tort de se gêner...

On ne pouvait imaginer plus navrante et plus significative déclaration que celle dont nous a gratifié madame Royal le soir du second tour. Tout sourire elle reconnaît sa défaite toute à sa joie d’avoir joué là le rôle de sa vie. Sans aucun mot ni aucune pensée pour les victimes présentes et futures de la casse libérale qu’elle a accompagné en son temps et avec ses amis, elle souhaite bonne réussite à Sarkozy dans sa politique de casse et de pillage. Et pour couronner le tout elle donne rendez-vous à ses électeurs pour d’autres “victoires”. C’est lamentable ! C’est devenu ça la gauche dans notre pays ?

Alors que la bourgeoisie exulte dans les rues des beaux quartiers, elle ne voit que la position qu’elle pense avoir acquise dans son parti. Elle éclaire ainsi crûment ce qu’est devenu le PS : une machine à porter des ambitions personnelles aux postes de pouvoir sans aucune velléité de le disputer à la bourgeoisie. A supposer que ce parti ai été un jour autre chose.

Et pourtant elle n’avait vraiment pas de quoi afficher son grand sourire. Candidate du PS choisie par les grands médias à la botte de Sarkozy, elle a été désignée par un PS vide de tout projet alternatif et uniquement préoccupé de désigner le candidat le mieux à même, selon les sondages, de battre celui de l’UMP. Personne ne m’ôtera de l’idée qu’il est tombé dans un piège grossier tendu pour lui imposer la candidate incapable de le mettre en difficulté par le héraut de toutes les droites rassemblées en un melting-pot nauséabond.

Et pendant ce temps après une déclaration lourde de menaces pour les libertés individuelles et collectives au cours de laquelle il parle de réhabiliter le travail, l’autorité, le mérite, la nation et l’identité nationale, avant même d’aller saluer ses partisans rassemblés place de la concorde, Sarkozy partait avec sa clique fêter sa victoire au Fouquet’s. C’est qu’il a de quoi jubiler le loustic, il vient de réussir un coup de maître : candidat sortant d’une droite décriée et deux fois sanctionnée dans les urnes il vient de réussir pour le compte de la haute bourgeoisie un hold-up de grande classe sur les élections clés de la république.

Depuis 10 jours le sinistre personnage est fermement calé dans son fauteuil présidentiel et l’opération de brouillage de cartes continue, avec la complicité active de métastases issues du parti socialiste. Nous sommes bien devant la porte de tous les dangers, et il y a tout à craindre de l’assemblée qui sortira des urnes au mois de juin.

Plus que le nombre de députés communistes qui hanteront les bancs d’une assemblée à la botte, c’est d’un parti communiste rassemblé autour d’une politique claire de combat du capitalisme dans ses excés, mais aussi dans ses racines dont nous auront besoin dans les 5 ans qui viennent.

Si l’enjeu des législatives est crucial, la sauvegarde d’un groupe communiste à l’assemblée ne saurait être le seul horizon politique du parti. L’enjeu se situe au-delà, dans les résistances qu’il faudra savoir cristalliser au saccage des richesses nationales que la clique de l’UMP et du Medef entend porter à un niveau inégalé depuis la fuite du régime de Vichy dans les valises de l’armée nazie.

vendredi 4 mai 2007

Une seule raison...

Crabe

Parce que je préfère les avoir contre moi qu’avec moi, je vais voter sans états d’âme et sans illusion pour Ségolène Royal dimanche.

On me dit que si Sarkozy passe des menaces énormes vont peser sur nos libertés publiques. Mais je ne me fait aucune illusion sur la politique que mettrait en oeuvre le PS si il était élu. Débarrassé de son encombrant allié communiste et fort du prétexte que représenterait l’apport des électeurs de Bayrou dans l’élection de sa présidente, il s’allierait aussi tôt avec les centristes de ce dernier en vu de poursuivre une politique libérale au service de la grande bourgeoisie. En continuant à désespérer les couches populaires, ils ouvriraient la porte à une droite dure encore plus violente que celle qui s’apprête à prendre les rênes du pouvoir.

La seule raison valable qui me fera voter Ségolène Royal dimanche c’est d’imaginer quelle hypothèque représenterait pour la construction d’un mouvement populaire un PS revenant dans l’opposition chargé du prestige d’avoir fait trembler Nicolas Sarkozy sur ses bases ? Quel danger représenterait à gauche un PS remobilisé et renforcé de forces militantes nouvelles et fraîches, gauchisant son discours pour mieux ensuite ramener les voix des électeurs de gauche dans sa nasse ?

Il ne fait aucun doute que nous entrons dans une ère politique nouvelle qui demandera de repenser et reconstruire un rassemblement populaire fort. Après le rejet de l’Europe libérale et les luttes de la jeunesse contre le CPE, je préfère 1000 fois voir les dirigeants socialistes au pouvoir à gérer le libéralisme avec leurs camarades centristes mis face à leurs responsabilités que devoir composer avec leur lent travail de sape et de récupération.

samedi 28 avril 2007

Leurres

Résistance

Les grandes manoeuvres ont commencé, le rapprochement entre l’UDF le PS est en marche, les masques vont bientôt tomber.

Qu’on ne se trompe pas, face à la menace pour les droits démocratiques et le acquis sociaux que représenterait l’élection de Nicolas Sarkozy aucune voix de gauche ne devra manquer sur la candidature de Ségolène Royal. Elle le sait et en abuse. Forte de ce soutien obligé, ses appels du pied à la droite se multiplient et les contours de son éventuelle future majorité se précisent. Il s’agirait sans aucun doute d’un gouvernement d’alliance à droite, mandaté pour faire une politique de droite au seul service des intérêts de la grande bourgeoisie.

Qu’on ne se leurre pas, qu’on ne se mente pas et qu’on ne mente pas à l’électorat populaire. Si il est indispensable de tout faire pour faire barrage à Sarkozy car la démocratie est en péril, en aucun cas le vote Royal ne pourra être d’une quelconque utilité pour infléchir à gauche la politique de celle-ci si elle devait être élue, ses repères sont d’ores et déjà pris avec cette droite qu’on appelle centre. En faire planer l’illusion ne peut qu’être source de futures désillusions et continuer à nous tirer vers les abysses avec au fond notre disparition de la vie politique.

Quelle que soit l’issue du scrutin de ce second tour de rudes combats politiques nous attendent, ça n’est pas le front populaire que est devant nous mais la résistance, et c’est d’un Parti Communiste solide et combatif dont nous auront besoin.

mercredi 21 mars 2007

Lettre ouverte à un ami

Sarko rit!

[Re: De la part de Jose BOVE (déclaration de candidature officielle)]

Salut Thierry,

Merci de me faire parvenir la déclaration de candidature de José Bové, cela m'a permis de la lire.

Ainsi donc j'ai appris qu'il se présente comme un candidat de rassemblement à gauche. Pourtant si son combat altermondialiste et contre les OGM doit être salué, sa candidature aux élections présidentielles ne saurait être présentée comme une candidature d'union anti-libérale. La manière dont José Bové l'a amenée ne peut être considérée comme exempte de calculs politiciens et à la place d'une candidature d'union, c'est une candidature de division qui ne peut qu'affaiblir le mouvement anti-libéral que nous offre José Bové. Rappelons les faits : Le 23 novembre 2006 José Bové se retirait de la course à l'investiture anti-libérale en mettant dos à dos PCF et LCR accusés par lui de vouloir briser la dynamique unitaire. Rappelons qu'Olivier Besancenot et la LCR avaient alors déjà décidé de faire cavalier seul et que Marie-George Buffet était candidate à porter les couleurs de l'Alternative Unitaire avec Clémentine Autain, Yves Salesse et Patrick Braouzec. Dès lors la candidature de José Bové n'a plus été soumise au débat, et sur la dernière ligne droite seuls restaient en lice MG Buffet, Y Salesse et C Autain. Une majorité des collectifs se sont prononcés pour MG Buffet, je l'ai regretté car à ce moment là ça n'était pas ma préférence comme peuvent en témoigner les membres du collectif du Sarladais ainsi que les messages postés sur mon blog, mais force est de reconnaître la légitimité du choix d'une majorité de collectifs. Au collectif national des 9 et 10 décembre nous avons assisté à un tir de barrage d'une majorité d'organisations contre la candidate choisie par les collectifs dans les motivations desquelles l'anti-communisme ne peut être exclu. Qu'à la suite de ce blocage systématique le parti communiste ai choisi de présenter Marie-George Buffet semble inévitable. Comment un parti comme le parti communiste ayant mis l'ensemble de ses forces et de ses moyens dans la dynamique anti-libérale aurait-il pu accepter que sa représentante choisie par une majorité de collectifs soit écartée au seul prétexte qu'elle était communiste au profit d'un(e) candidat(e) ayant reçu le soutien d'une petite minorité de collectifs. Cela aurait été balayer un choix démocratique évident et une curieuse façon de concevoir la construction d'une alternative démocratique au libéralisme.

Dans ces conditions comment voir le retournement des candidats mis en minorités lors des débats des collectifs autrement que comme une manoeuvre politicienne dont on a tout lieu de croire qu'elle a été orchestrée dès le début par José Bové et dont le but était de passer outre le débat et le choix des collectifs pour imposer d'en haut sa candidature. José Bové se la joue facile de critiquer les communistes de s'être investi à fond dans les collectifs et de se poser en sauveur d'une unité au nom d'un appel d'individualités et en dehors du cadre du débat construit par les citoyens désireux de construire à gauche une alternative au libéralisme. Je reste persuadé qu'il ne peut y avoir d'homme providentiel, ni dieu, ni césar, ni tribun pour paraphraser l'Internationale. Seule compte la démarche de rassemblement des forces éparses des victimes de la globalisation inhérente au capitalisme et qui ont pu montrer lors du référendum qu'en montant unies au créneau elles pouvaient repousser les assauts des forces coalisées des tenants de la fuite en avant vers toujours plus de capitalisme. Reste à démontrer notre capacité à construire un rassemblement majoritaire permettant d'imposer d'autres choix économiques que celui de faire fonctionner l'ensemble de la société au seul profit d'une infime minorité de grands possédants. Marquée du sceau de la manoeuvre politicienne y compris dans les arguments avancés sur le site unisavecbove.org pour soutirer des signatures aux maires UMP en faisant valoir que l'émiettement des voies à gauche du PS affaiblirait la gauche, la candidature de José Bové ne va malheureusement pas dans ce sens. Elle renforcera forcément l'effet vote utile au profit de la candidature social-libérale de Ségolène Royal, elle va hypothéquer la recherche de candidatures unitaires pour les législatives du mois de juin et risque de porter au mouvement anti-libéral un coup dont il mettra du temps à se remettre et que les tenants du libéralisme de droite comme de "gauche" pourront mettre à profit dans leur entreprise de démolition du "modèle social" français.

Je suis et reste persuadé que si le mouvement anti-capitaliste ne doit pas se construire autour du Parti Communiste, il ne peut pas se faire autrement qu'avec lui et que ceux qui affirment qu'il peut se faire contre lui, à l'image du soit disant philosophe et soutien de Bové Michel Onfray, n'ont d'autre but que contribuer de l'intérieur à empêcher qu'un mouvement naisse dans ce pays à même de contester et de renverser l'ordre établi par les forces du capital et destiné à assurer leur contrôle total sur les moindres aspects de notre vie quotidienne. Je suis navré que José Bové entre dans ce jeu là. Se faire photographier au coté du sub-commandante Marcos n'est à mes yeux une garantie d'aucune sorte sur sa volonté et sa capacité à se mettre au service des forces transformatrices de notre société. Je suis persuadé qu'à l'inverse du sub Marcos qui s'est mis entièrement au service de la cause des indiens du Chiapas et par là même du peuple mexicain, José Bové cherche à mettre la cause des victimes de la globalisation libérale au service de son ambition personnelle. Je le regrette, sa candidature n'est pas une bonne nouvelle pour l'altermondialisme dans notre pays, même si ce n'est pas par un blocage au niveau des parrainages que peuvent se régler les problèmes politiques.

Toutes ces raisons font que je t'appelle à soutenir la seule candidature anti-libérale légitime et dont le score au 22 avril sera mesuré comme l'indicateur de la capacité des altermondialistes à s'unir pour commencer à construire une alternative à gauche dans notre pays, celle de Marie-George Buffet porteuse du programme alternatif élaboré par les collectifs au cours de l'automne 2006.

Avec toute mon amitié, transmets la bise à Marie et aux enfants.

Jean

dimanche 4 mars 2007

Ségolène est une bombe !!!

Champignon nucléire

Ségolène est une femme. On craignait que si elle était élue les sommes colossales gaspillées dans le développement d'armes de destruction massive et dans le maintien d'une force opérationnelle capable d'aller défendre les intérêts des actionnaires des multinationales françaises dans le monde seraient détournées au profit d'œuvres de vie. Qu'on se rassure. Fidèle au traité constitutionnel européen qu'elle a défendu bec et ongles et qui prévoyait de constitutionnaliser l'augmentation des budgets militaires, nous ne courrons pas avec elle le risque de voir les formidables moyens mis dans le maintien et le développement d'armes terrifiantes utilisés à d'autres fins utiles. Essayez d'imaginez à quoi pourraient servir 2% du PIB de la quatrième puissance économique en terme d'aide au développement comme facteur de détente d'une situation internationale chaque jour plus explosive.

Ségolène se contente de prendre acte des tensions qui déchirent notre planète indépendamment de leurs causes et n'envisage comme conduite à tenir que de poursuivre la course à l'abîme, fidèle en cela à la tradition atlantiste du parti socialiste. Elle fait sien l'antique adage romain "si tu veux la paix, prépare la guerre" et s'inscrit dans une logique impérialiste somme toute naturelle pour la candidate d'un parti politique qui a renoncé, même dans ses discours, à son ambition originelle de dépasser un capitalisme dont Jaurès disait qu'il "porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage". Mais il faut bien reconnaître que depuis son assassinat le 31 juillet 1914 celui-ci a eu maintes occasions de se retourner dans sa tombe, alors une fois de plus ou une fois de moins....

En attendant la Dordogne est sortie de son lit ce week-end, renouant avec son ancien rôle de déesse fertilisatrice mis à mal par la construction des grands barrages en amont d'Argentat. Il y a toujours quelque chose de rassérénant à voir la nature reprendre ses droits.

samedi 3 mars 2007

Le troisième homme ?


Bayrou


Je me souviens de ce qui m'apparaissait, enfant, un grand mystère de la politique : Les sangs-tristes. Aujourd'hui une presse et des médias couchés au pied du capital comme tout bon toutou au pied de son maître voudraient les faire passer pour des hommes neufs porteurs d'idées nouvelles. Mais qu'on ne s'y trompe pas, membres à part entière d'une droite au sein de laquelle ils ont été les premiers promoteurs d'un libéralisme sauvage dont on voit les ravages aujourd'hui, ils n'ont de modéré que le lénifiant de leurs discours vides et creux, où les bons sentiments font office d'écran de fumée pour cacher le réactionnaire des politiques qu'ils promeuvent.


Ainsi la vieille ganache catholique et réactionnaire Bayrou marche sur les pas de Giscard et se verrait bien centriste à l'élysée fort d'un prétendu pressentiment de Mitterrand qui lui aurait confié l'avoir vu président de la république dans le futur. Il faut dire qu'entre une partie de l'électorat de droite, inquiet du populisme de Sarko et des risques de dérive fascisante qu'il porte en germe, et une Ségo dans laquelle ne se retrouve pas une partie de l'électorat socialiste, le bougre se dit qu'il y a un morceau de couverture et une petite place qui pourraient être libres dans le lit de la république...


Espérons que le peuple de France saura signifier à l'ancien ministre de l'éducation de Juppé qu'il ne prend pas les vessies pour des lanternes et qu'il n'est pas dupe d'un prétendu dépassement du clivage droite-gauche visant au fond à finir d'assassiner les idées progressistes en France, idées déjà bien mise à mal par l'acharnement du PS à détruire la capacité de la gauche à se rassembler pour changer réellement les choses dans notre pays.


Photo : Monique Sicard

lundi 25 décembre 2006

Cadeau de Noël ?


Thanks ImageShack!


L'hiver est arrivé brutalement à la date prévue le 21 décembre, comme figeant dans un écrin de glace la ville et les campagnes environnantes. Noël est arrivé, la place de la liberté et les rues du centre ville avaient samedi retrouvé leur affluence des grands jours malgré un froid vif et pénêtrant. C'est la trêve des confiseurs qui vient clore une semaine à l'issue de laquelle le grand rassemblement auquel travaillaient les forces anti-libérales se retrouve face à un avenir incertain.


La décision de présenter Marie-George Buffet prise par le parti vient bousculer le rassemblement et marque, quoiqu'on en pense, une rupture. Cependant, si on ne peut que regretter cette rupture unilatérale du processus de désignation du candidat, force est de constater que depuis le collectif national des 9 et 10 décembre celui-ci paraissait dans l'impasse. L'anathème et l'invective avaient remplacé le débat de fond sur les sites progressistes et rien de bien rassembleur ne paraissait pouvoir sortir rapidement de cela.


Pourtant l'enjeu est de taille. Face à la déferlante libérale qui s'annonce il s'agissait de permettre à notre peuple de se saisir d'un bulletin de vote et en faire une arme contre un avenir tout fait où il n'aurait eu le choix qu'entre un libéralisme de droite et un libéralisme de gauche. De lui donner l'occasion d'amorcer un processus politique permettant d'envisager la construction d'un autre choix de société pour plus de justice et de liberté, à l'image des expériences qui commencent à se mettre en place en Amérique Latine. Quel enjeu ! Et quel travail ! Nul doute que la route d'une telle construction soit un chemin ardu pavé d'embûches, la désignation d'un candidat pour les présidentielles en étant une de taille. Personne n'en doute, ainsi qu'en témoigne le rapport de Patrice Cohen-Seat au Conseil National des 28 et 29 septembre 2006 :


Il ne s’agit pas de se raconter d’histoires. Les difficultés sont grandes, à la mesure de l’enjeu : mettre en œuvre en France une politique antilibérale, c’est-à-dire engager, dans des conditions radicalement différente de celles du siècle dernier, une véritable rupture avec le capitalisme dans un des pays les plus puissants du monde. Mais je maintiens que le pire, encore une fois, serait de passer à côté d’une chance historique en sous-estimant le possible.


Quoi qu’il arrive, je ne crois pas qu’il y ait d’alternative à l’effort dans lequel nous sommes engagés. Personne ne peut prévoir si et dans quelle mesure notre peuple se saisira dès 2007 de l’enjeu historique d’une alternative antilibérale à gauche. Mais notre responsabilité est à coup sûr de créer les meilleures conditions pour qu’il en ait la possibilité. Elaborer un programme politique convaincant, rassembler pour le porter le plus grand nombre possible de femmes, d’hommes et de forces dans lequel il puisse se reconnaître et avoir confiance : il n’y a aucun « truc » qui puisse nous faire faire l’économie de ce travail de fond.




En présentant Marie-George comme candidate en passant outre la recherche d'un consensus, le parti fait un double pari : Que la démarche unitaire n'explose pas en vol, et que les collectifs locaux légitiment cette candidature, se l'approprient et s'engagent sans réserve dans une campagne politique afin de faire converger ce ras-le-bol qui monte dans le pays vers la candidature de Marie-George. C'est un pari qui me semble risqué et lourd de menaces pour l'avenir de la dynamique unitaire qui semblait avoir commencé à prendre dans le pays mais j'espère que c'est un pari que gagnera, avec Marie-George, le mouvement anti-libéral. Il y va des combats futurs que nous ne manquerons pas d'avoir à mener.


Sur ce : Joyeux Noël !!!!!







mardi 19 décembre 2006

Fritures sur la ligne anti-libérale ?

Bastille 29 mai 2005

Pendant que ça patine sur la grande Rigaudie, il semble que ça dérape du coté gauche à la construction d'une alternative anti-libérale pour la présidentielle de 2007.

Nous sommes appelés à voter mercredi pour savoir si Marie-George devait maintenir sa candidature à la course à l'investiture unitaire. Saperlipopette ! Je ne sais pas ce qui s'est passé dans les autres assemblées de communistes de par le pays mais si la direction avait eu ses oreilles à la Bouquerie mercredi dernier, elles les aurait vues passer du rose au rouge. Clair que l'affaire nous tenait à coeur. La salle était pleine ce soir-là, à l'image de l'implication citoyenne de la semaine précédente qui avait fait se remplir la salle Denoix pour la désignation des délégués à la conférence nationale des 9 et 10 décembre.

Si le Parti avait la capacité à rassembler largement autour de sa secrétaire nationale quel besoin aurions nous de collectifs dans lesquels nous apportons bien souvent l'essentiel de la force militante? C'est faire le jeu de la direction de la LCR qui tente contre l'avis de son électorat de bloquer le processus unitaire que de vouloir faire passer en force Marie-George. Indépendamment de ses qualités humaines et de femme en politique je pense que c'était une faute politique de la présenter à l'investiture, on le voit maintenant. La maintenir serait au pire courir le risque de faire péter le parti de l'intérieur, au mieux bloquer toute alternative à gauche.

Qui peut bien croire en effet qu'en cas d'échec du processus unitaire Besancenot et Laguiller n'obtiendraient pas les 500 signatures avec en sous main la bénédiction du PS ? Sans une mobilisation sans faille des collectifs unitaires, en permanence renvoyée dos à dos aux candidats de la LCR et de LO par les grands médias au service de la bourgeoisie, que pourrait faire de beaucoup mieux Marie-George que ce bon vieux Robert avec ses 3,37% il y a 5 ans? Forte du ralliement de Chevènement et de Taubira, Ségolène aurait beau jeu de faire fonctionner à fond les leviers du vote utile sur une opinion de gauche traumatisée par le 21 avril 2002 face à une vraie gauche profondément divisée.

Et pourtant il y a urgence à s'entendre. A coté d'un Sarkozy qui s'apprête à dynamiter les acquis sociaux, le danger de dérive libérale vient aussi plein pot de Ségolène Réac qui n'a jamais fait illusion sur sa soi-disante appartenance au peuple de gauche. Ses dérives populistes et sécuritaires actuelles ne sont pas de simples accidents de parcours, comme en témoigne une personnalité peu susceptible de parti pris dans le débat qui s'annonce :

La révolution, la gauche, la droite et Ségolène vus par Bourdieu
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