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jeudi 22 septembre 2011

Repères

Dans un monde en perpétuel mouvement, il est heureusement des choses immuables qui peuvent servir de repères aux âmes en déshérence que nous sommes.

Ainsi, l'Amérique se révèle toujours identique à elle-même, raciste, meurtrière, cynique et inhumaine. Le nègre Troy Davis a été assassiné après avoir attendu plus de vingt ans dans les couloirs de la mort de Georgie son exécution prononcée sur la base d'un procès truqué construit sur de faux témoignages.

Cela est rassurant et Mumia Abu Jamal peut dormir tranquille en attendant son exécution à Atlanta : son combat, celui des Black Panthers et de la communauté noire des États-Unis, noyé dans l'héroïne ces lointaines années 1970, est toujours d'actualité.

A mille lieux de l'image de champions de la liberté et de la démocratie qu'ils se proclament être, les "States" ont toujours été porteurs de guerre et de destruction, soutiens inconditionnels des pires dictatures qu'a connues notre planète dès lors qu'elles servent leurs intérêts.

Mais qu'elle se rassure, cela ne nous empêchera pas de boire du Coca Cola, de porter des Levi's, de chausser des Converse, de manger du Mac Donald's et de surfer sur de l'Apple...

dimanche 28 mars 2010

Racisme involontaire...

Petit témoignage de racisme ordinaire et tellement ancré qu'il passe (presque) inaperçu.

On y apprend qu'avant l'arrivée de l'homme les villages des "chiens de prairies" s'étendaient sur plusieurs kilomètres. On se demande comment on a bien pu le savoir, l'homme étant arrivé en Amérique il y a 30 000 ans et il fait peu de doutes que les installations de ces animaux ne laissent pas dans le paysage des traces aussi durables.

On est donc rassurés d'apprendre au paragraphe suivant que par homme on entendait bien ici l'homme "blanc", désigné ici sous le terme mythique véhiculé par le cinéma de "cowboys" pour ne pas dire garçons vachers.

Ainsi donc les amérindiens ne sont pas des hommes et leur extermination par tous les moyens à disposition à l'époque ne peut être assimilé à un crime contre l'humanité.

La photo a été prise au parc animalier de Gramat (Lot) en 2008. Il est vrai que depuis cette époque reculée l'éveil des consciences qui a eu lieu rendrait impossible aujourd'hui de tels égarements...

J'espère seulement qu'aucun indien d'Amérique a visité le parc. Personnellement, lire ça, qui est d'autant plus insultant qu'il est surement involontaire, m'aurait profondément énervé. De là a voir envie d'attacher au poteau de torture le directeur du parc il n'y aurait eu qu'une nuance de l'épaisseur d'une lame de tomahawk...

samedi 17 janvier 2009

Sans commentaires...

Courrier reçu avec les voeux de leur maire et le bulletin municipal par les habitants de Castels (Dordogne)...

mardi 16 septembre 2008

Gott mit uns...

Tout va bien, Dieu est avec nous et son représentant sur terre est reçu dans les décombres de la république laïque avec les honneurs dus à son rang. Tapis rouge et flonflons pour l’ancien des jeunesses hitlériennes Ratzinger par le rejeton d’un noble hongrois ayant plus vite fuit les chars de l’armée Rouge qu’il n’avait du mettre de zèle à entrer en résistance contre l’envahisseur nazi.

Somme toute rien que de très cohérent en ces temps de prêche de nouvelles croisades au nom d’une lutte contre un terrorisme qui collerait à ces terres d’islam comme la glaise à nos sabots. Croisades au nom d’un bien cent fois revisité mais qui a de tout temps justifié en tout lieu les pires ignominies.

Quelle différence de fond entre des forces de l’OTAN bombardant des villages à titre de représailles dans des zones contrôlées par la guerilla des talibans et une colonne de la division Das Reich brûlant le village d’Oradour sur Glane au coeur de la “petite Russie” contrôlée par les terroristes de la résistance ?

"Il faudrait d'abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu'il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un oeil crevé et qu'en France on accepte, une fillette violée et qu'en France on accepte, un Malgache supplicié et qu'en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s'opère, une gangrène qui s'installe, un foyer d'infection qui s'étend et qu'au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et "interrogés", de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette lactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l'Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l'ensauvagement du continent.

Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s'affairent, les prisons s'emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.

On s'étonne, on s'indigne. On dit : "Comme c'est curieux ! Mais, Bah! C'est le nazisme, ça passera !" Et on attend, et on espère; et on se tait à soi-même la vérité, que c'est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c'est du nazisme, oui, mais qu'avant d'en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l'a supporté avant de le subir, on l'a absous, on a fermé l'oeil là-dessus, on l'a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s'était appliqué qu'à des peuples non européens ; que ce nazisme là, on l'a cultivé, on en est responsable, et qu'il est sourd, qu'il perce, qu'il goutte, avant de l'engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d'étudier, clinlquement, dans le détail, les démarches d'Hitler et de l'hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu'il porte en lui un Hitler qui s'ignore, qu'Hitler l'habite, qu'Hitler est son démon, que s'il vitupère, c'est par manque de logique, et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est que l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde et les nègres d'Afrique.“

Discours sur le Colonialisme - Aimé Césaire - Présence Africaine (1955)

vendredi 22 février 2008

Immigré sans papiers, mon frère

J’aurais pu naître n’importe où, je n’ai choisi ni l’heure, ni l’endroit.

Quand j’entends Hortefeux, ministre des expulsions et de l’indignité nationale annoncer que des quotas de « reconduites aux frontières » sont mis en place et que l’ensemble des forces de police et de gendarmerie du territoire sont mobilisées sur cet objectif prioritaire j’ai tout d’abord le sentiment d’une immense honte.

Honte car ces images d’arrestation d’enfants, de femmes et d’hommes par les forces de l’ordre me renvoient, même si je sais que les temps ont changé et que ça n’est pas la même chose, l’image d’autres « rafles » d’enfants, de femmes et d’hommes par les mêmes forces d’un « ordre » qui se disait alors nouveau. Honte, car je me dis que les leçons de l’histoire semblent ne servir à rien et qu’il suffit de remplacer le juif par l’arabe ou le noir ou le chinois sans papier pour obtenir le même résultat et trouver un bouc émissaire à tous les malheurs du « bon » peuple (le chômage, le déficit des régimes sociaux, la baisse du pouvoir d’achat...) pour que la haute bourgeoisie puisse continuer sans soucis à mettre la nation en coupe réglée et à se rouler dans le luxe le plus éhonté. Honte, car on sait où commence la politique du bouc émissaire, mais qu’on ne sait jamais à quels torrents d’abjections elle peut nous mener.

J’ai honte et je pense alors à tous ces jeunes rencontrés au cours de mes périples au Maroc et qui ne voyaient d’autre perspective d’avenir que tenter sa chance clandestin en Europe. On a souvent l’image de ces bateaux surchargés abandonnés à la folie des courants de Gibraltar mais imagine-t-on ce qu’il faut de courage et de désespoir pour tenter pareille aventure ?

Au-delà de la réalité tragique de ces naufragés africains, l’immigration illégale est d’abord et avant tout un formidable trafic humain avec ses filières, ses caïds, ses victimes et ses bénéficiaires. Pour 3000 euros on vend au Maroc un contrat de travail de 3 mois qui permet d’obtenir un visa d’autant à l’issue duquel il est possible de tenter sa chance. Imagine--on le profit que fait l’esclavagiste qui fait venir de la main d’oeuvre travailler dans ses vergers ou sur ses chantiers en lui faisant payer comme rêve une somme supérieure à celle qu’il lui versera pour le travail réalisé ?

Conscient que le gouvernement de Sarkozy et de l’UMP n’œuvre pas pour l’intérêt national mais pour les intérêts particuliers de la grande bourgeoisie, on est en droit de se demander alors ce que cache la politique de quotas du sinistre Hortefeux.

Le nombre de clandestins est par essence difficile à évaluer, le Bureau International du Travail l’estime à un minimum de 400 000. Le nombre de 25 000 expulsions ne peut sérieusement apparaître comme une volonté d’en finir avec l’immigration illégale. Tout d’abord parce qu’en imaginant que le flux d’immigrants se tarisse il faudrait un minimum de 16 ans pour renvoyer dans leur pays d’origine tous les clandestins, et ensuite parce qu’il faut être complètement naïf pour croire qu’on puisse stopper ces flux poussés par la misère sans réduire considérablement l’écart de richesse et de développement qui nous sépare des pays du sud. Ce dont on ne prend absolument pas le chemin.

Dès lors quel sens peut bien avoir la politique gouvernementale autre qu’augmenter la pression sur les sans-papiers afin de les faire vivre toujours plus dans la peur, de les précariser toujours davantage et d’aggraver leurs conditions d’exploitation pour le plus grand profit de ceux qui les emploient, mais aussi pour faire pression sur les conditions de travail et les revenus de l’ensemble des salariés. En les désignant comme boucs émissaires et victimes les plus fragiles de sa politique de destruction des libertés publiques, le gouvernement UMP de Sarkozy indique à l’ensemble de la population que le développement d’une solidarité active avec les immigrants illégaux est une question centrale dans la résistance qu’elle a à lui mener.

Le monde du travail a tout à perdre à se laisser diviser en tranches, et le slogan qui clos le manifeste du parti communiste de 1848 n’a rien perdu de sa brûlante actualité : « prolétaires de tous les pays unissez-vous ».

vendredi 4 janvier 2008

Coup d'Etat Institutionnel : Interpelons nos parlementaires !

Thanks ImageShack!

Le 4 juillet par une procédure inique, le président de la République entame la procédure constitutionnelle lui permettant de faire adopter par voie parlementaire un traité européen reprenant l’ensemble des dispositions rejetées lors du référendum du 29 mai 2005 par le peuple de France.

Une majorité des 3/5 du congrès lui est nécessaire pour faire adopter les modifications constitutionnelles permettant ce véritable coup d’État constitutionnel. En appelant ses parlementaires à voter avec les députés godillots de l’UMP la direction du Parti Socialiste prend une très grande responsabilité : celle d’entériner le fait qu’au dessus de la décision souveraine du peuple de France il y a l’interprétation que fait un élu, fut-il le premier, des raisons qui l’ont fait élire .

Quand cet élu se fait payer ses vacances par Bolloré, rejeton d'un clan capitaliste deux fois centenaire passant des marchés avec la nation, et qu’il affiche ainsi ouvertement la collusion entre les grandes fortunes et le plus haut sommet de l'État, qu’il confond à ce niveau les intérêts de l'État et celui des grands capitalistes pour son plus grand profit personnel, c'est avec lui de haute trahison que se rendront coupable les parlementaires qui accepteront de voter sur ses ordres le 4 février à Versailles.

Versailles, lieu symbolique de toutes les trahisons...

Le 4 février il faudra que nous soyons le plus nombreux possible autour et dans les rues de France. C’est nécessaire, mais ça ne sera pas suffisant. Un à un il nous faudra gagner les députés et les sénateurs à s’engager publiquement à ne pas voter la modification constitutionnelle. Que ce soit au nom de sections ou de fédérations d’organisations politiques ou de syndicats, de collectifs de citoyens ou individuellement il nous faudra les interpeller publiquement en utilisant tous les supports possibles (presse locale, tracts, affichettes et/ou internet) pour qu’ils sachent que leur position personnelle sera connue, que la plus grande publicité en sera faite et qu’ils en seront tenus personnellement responsables devant et par leurs électeurs. C’est un travail de fourmis qui doit être réalisé dans l’urgence pour que le maximum de parlementaires rejoignent les 104 qui se sont à ce jour engagés publiquement à voter contre la réforme constitutionnelle.

Au boulot camarades, il y a urgence !

Parlementaires s'engageant contre le coup d'état.

samedi 1 décembre 2007

V'là l'progrès...

Radar Sarlat

Ça y est, avec un peu de retard sur le reste de la France le Sarladais entre ce mois-ci de plain-pied dans la modernité. Circonstance fortuite qui prend toute la force du symbole, décembre 2007 verra ouvrir un macdo à Sarlat et y apparaître son premier radar automatique.

Papiers gras et emballages en polystyrène vont pouvoir envahir les pavés de la vieille ville tandis que les papillons envoyés par les automates du ministère de l’Intérieur vont pouvoir envahir les boites aux lettres et tenter de renflouer les finances de la « république » que le gang de notre nabot de président vient d’alléger de milliards d’euros de cadeaux fiscaux à la grande bourgeoisie sa maîtresse.

Les sarladais ne pourront plus s’imaginer vivre dans une bulle hors du pétainisme ressuscité que sont en train d’installer dans notre pays les laquais de l’oligarchie. Il ne manque plus que la généralisation ici aussi des contrôles d’identités sous prétexte de chasse aux sans-papiers pour que le sarkozysme s’y déploie avec la même abjection que sur l’ensemble du territoire.

Aujourd’hui comme hier, la force de l’État au service d’une infime minorité n’est que la mesure de notre soumission et est inversement proportionnelle à la résistance que nous saurons lui imposer. Il semble de plus en plus urgent face à la mise en place d’un pouvoir de plus en plus autoritaire parce qu’illégitime et contesté de voir se réactiver les réseaux de la désobéissance civile et de la solidarité.

En attendant, contestez systématiquement les contraventions générées par les radars automatiques. En payant la contravention vous reconnaîtriez votre infraction, or c’est à la police de prouver que vous êtes coupable. De plus, ne dénoncez pas le conducteur éventuel de votre véhicule. Depuis la chute du régime de Vichy en août 44 la dénonciation n’est plus une obligation légale en France.

Pour ce  qui est du macdo si nous ne sommes pas obligé d’y mettre le feu, rien ne nous empêche de ne pas aller y échanger de la merde contre notre argent...

Post Scriptum : 3 jours aprés sa pose le radar automatique a été masqué et arraché. Il penche sur son support brisé et semble fixer d'un oeil dubitatif la pelouse du bas-côté.

mardi 9 octobre 2007

Sarkolitarisme

SuperSarko

J’ai l’impression que deux mois passés à arpenter les canyons de la vallée d’Ossau suivis d’un mois de voyage au Maroc ont fait de moi un OVNI en décalage avec les réalités de la France telle qu’elle se dessine depuis le printemps dernier, sous l’entreprise de démolition de ses valeurs fondatrices menée par la clique à Sarkozy.

L’atterrissage a finalement eu lieu dimanche soir, et c’est un reportage de M6 sur Cuba qui en a été le déclencheur. En ce quarantième anniversaire du lâche assassinat du Che par un sbire des Etats-Unis dans une bourgade voisine de Santa-Cruz, la chaîne privée, associée aux intérêts de la famille Bolloré qui avait généreusement offert le voyage en yacht post-électoral de “notre” président, y a été de sa participation à l’entreprise terroriste de calomnie et de déstabilisation de la révolution cubaine. Au cours de ce soit-disant reportage tout a été mis en oeuvre pour tenter de nous persuader que toute tentative de renverser l’ordre capitaliste ne peut être que vouée à l’échec. Fausses interviews, situations mise en scène, c’est un véritable et grossier film de propagande qui nous a été présenté sous couvert d’un reportage d’information faisant sien sans complexe la citation de Goebbels “mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose”.

S’il est certain que tout ne doit pas être rose à Cuba, une chose est sûre : La presse et le pouvoir politique y sont libres de toute soumission aux intérêts égoïstes de la grande bourgeoisie d’affaire, et la destinée du pays y est entre les mains d’un peuple souverain qui a su faire de ce petit pays du tiers-monde un des pays à la population la mieux éduquée et la mieux soignée de la planète. Ça n’est assurément pas la voie que prend notre pays sous la barre de son petit timonier.

L’alignement de la politique économique et sociale de la France sur les objectifs du MEDEF et de sa polique étrangère sur celle des Ultra-conservateurs au pouvoir à la maison blanche est total. Avec le contrôle de la quasi totalité des médias d’information et des principaux partis politiques, la mise en place d’une politique toujours plus “sécuritaire” et “répressive”, c’est une véritable dictature de la grande bourgeoisie qui s’installe dans notre pays.

Le réveil tôt ou tard risque d’être très douloureux...

samedi 14 avril 2007

Fin de la récréation ?

Récréation

Sarkozy semble faire peur, y compris à une certaine partie de l'électorat de droite. Ses récentes déclarations lors d'un entretien avec Michel Onfray pour la revue "Philosophies" dans lesquelles il affirme être persuadé de la prédisposition génétique des individus à des déviances comme la pédophilie ou à des comportements sociaux comme la délinquance ont déclenché des vagues que l'individu n'avaient pas anticipées, faisant même paraître l'ultra-réactionnaire Villiers comme un homme de gauche sur cette question. Il faut dire que les relents d'eugénisme que fleurent les propos de notre ex-premier-flic-de-France semblent remonter des plus nauséabondes heures de l'histoire de notre continent. Que celui-ci semble surpris de la levée de bouclier qu'il a suscitée laisse rêveur sur l'état d'imbrication des pensées des droites, du prétendu respectable "centre" aux cloaques de l'extrème.

Et d'ailleurs combien de dirigeants centristes ou gaullistes ont fait leurs classes dans des mouvements de jeunesse ouvertement fascistes, qui se rappelle aujourd'hui que Patrick Devedjian, Alain Madelin et Gérard Longuet ont figuré parmi les fondateurs du groupuscule fasciste Occident ? Ce qui fait peur dans Sarkozy est-ce Sarkozy en soi, ou est-ce la droite débridée qui avance en rang de bataille derrière lui? Se poser cette question c'est me semble-t'il se poser la question "qu'est-ce que la droite ?" et essayer de lui apporter des éléments de réponse pour regarder la période écoulée et éclairer celle qui s'ouvre devant nous.

On assimile souvent la droite à ce qu'on appelle la "réaction", le "conservatisme" par opposition à une tendance forte des sociétés à évoluer vers un "progrès" (social, scientifique...) dont les combats de la gauche auraient été le moteur. Cette définition a contrario a pu paraître suffisamment claire un temps où une gauche à l'offensive arrachait un à un des droits sociaux en vue d'améliorer les conditions de vie et de travail de l'immense majorité de la population à une bourgeoisie arc-boutée sur ses privilèges et ne lâchant du lest que contrainte et forcée sous la pression des luttes populaires. Les choses ont changé depuis les années 80 et l'arrivée au pouvoir du Parti Socialiste. En renonçant à ses engagements électoraux de 1981 et en se soumettant aux lois du marché (le tournant de la "rigueur") le Parti Socialiste a renoncé à l'ambition affichée jusque dans son nom de réformer la société vers une meilleure répartition des richesses. Sa position quasi hégémonique au sein de la gauche à la suite de la baisse d'influence du Parti Communiste lui a permis de marginaliser complètement les oppositions à ce virage et à rendre inenvisageable dans les attentes populaires un changement, même progressif, des fondements de la société vers une société socialiste. On se rappelle encore l'émission "vive la crise !" de 84 qui symbolise à mon sens ce tournant idéologique.

La disparition de l'Union Soviétique et des démocraties populaires n'a pu que renforcer ce fatalisme au seuil des années 1990. Dés 1986 c'est une droite débarrassée de toute opposition politique sérieuse qui a pu revenir au pouvoir et passer à l'offensive : Privatisation massive, attaque généralisée contre les droits sociaux acquis qualifiés d'archaïques par opposition à une prétendue modernité libérale et promotion du culte de l'argent et de la réussite individuelle n'ont eu d'autre but que de culpabiliser les membres des couches exploitées de la population rendus coupables, par leur incapacité à s'extraire seuls de leur condition sociale, de la dégradation de leurs conditions de vie. Car la droite est d'abord et avant tout l'expression politique de la bourgeoisie visant à faire fonctionner l'ensemble des rouages de la société à son seul profit par la plus grande exploitation possible du reste du corps social, à qui l'on consent seulement à accorder les moyens de se maintenir en état de reproduire sa force de travail.

Dès lors qu'entend-t'on par droite républicaine par opposition à extrème-droite, hormis les circonstances historiques? Il peut-être intéressant pour cela de se remémorer les conditions de la naissance de notre république à la suite de la défaite de Sedan en 1870. Jusqu'à cette date la droite était en France monarchiste ou bonapartiste (ce qui ne faisait qu'une différence d'appréciation de la tête devant porter la couronne) mais sûrement pas républicaine. Un pouvoir autoritaire était en effet plébiscité par la bourgeoisie pour que les choses soient dans l'ordre, c'est à dire que les ouvriers travaillent le plus durement pour un salaire le plus petit possible, que les métayers et les fermiers se tiennent tranquilles dans leurs sabots crottés sous l'arbitraire des anciens et nouveaux nobles ou grands propriétaires, que les soldats aillent tailler des empires aux intérêts des grandes compagnies et les défendent contre tous ces sauvages qui n'accepteraient pas cette noble visée civilisatrice... La chute de l'Empire, la proclamation de la République en septembre 70 suivie de l'élection d'une assemblée monarchiste a eu comme conséquence directe la prise de pouvoir révolutionnaire par le Peuple de Paris.

Comme une traînée de poudre, face à la désertion de la grande bourgeoisie puis au déclenchement de la guerre civile par le gouvernement de Thiers et l'assemblée à sa botte, l'idée que le peuple pouvait s'autogouverner est devenue force de gouvernement dans le Paris communard. C'est ainsi que sous l'agression permanente et durant 72 jours Paris a connu la première tentative en Europe de mise en place d'une société que l'on pourrait qualifier de socialiste, sous le contrôle direct et permanent de la population, au grand effroi des classes possédantes et des notables de province. C'est là que s'est scellé un pacte entre radicaux républicains et droites monarchistes et bonapartistes, pacte qui devait conduire à la pérennisation de la république en France face à la menace de l'extension au pays de la catastrophique expérience parisienne. Qu'on écrase pour 50 ans avec la Commune les idées socialistes et l'on s'accommoderait d'une république qui ne remettrait pas en cause le droit des possédants. Mieux valait ça qu'une monarchie qui pourrait faire converger les aspirations des républicains et des socialistes et auraient porté en germe les risques d'une nouvelle Commune.

C'est ainsi, au prix d'une Alsace-Lorraine offerte aux prussiens et au milieu des ruines sur les charniers fumants remplis du meilleur du peuple de Paris, que s'est scellé l'avenir républicain de la France et que nous devons d'avoir sur notre échiquier politique une droite républicaine. Mais quelle est cette république dont la première mission a été de préparer pendant plus de 40 ans le tombeau des 3 millions de ses fils assassinés afin de rendre aux industriels et financiers français le potentiel économique de l'Alsace-Lorraine échangé par Thiers à Bismarck contre les troupes nécessaires à noyer dans le sang la révolution parisienne ?

Les limites de cet engagement républicain ont été atteintes lors du front populaire qui à l'égal de son homologue espagnol montrait à la bourgeoisie et à son expression politique que les limites acceptables de la démocratie étaient atteintes. Si les couches populaires étaient capables de s'unir et d'imposer des réformes de grande ampleur allant de l'acquisition de droits sociaux nouveaux de grande portée comme les congés payés à la constitution d'un secteur public de premier plan dans l'économie du pays, c'est qu'il était temps de siffler la fin de la récréation. En Espagne on laissait écraser la république avec l'aide des armées fascistes et nazies et en France on préparait l'invasion du pays par les hordes d'Hitler après avoir déclaré la guerre à l'Allemagne.

De la très haute trahison qui éclatera au grand jour avec la débâcle, le vote des pleins pouvoirs à Pétain et la mise en place de la collaboration dans laquelle ont versé la quasi totalité de la grande bourgeoisie et une grande partie de la classe politique, de l'extrème droite jusqu'aux radicaux. L'objectif premier de tous ceux-là était l'éradication du "péril communiste" en France (entendons par là la menace de collectivisation des richesses de la bourgeoisie) et la destruction de l'Union Soviétique qui restait pour les classes populaires un exemple debout que le capital n'était pas incontournable et que d'autres choix que les intérêts égoïstes de la bourgeoisie pouvaient amener à la construction d'une société plus juste et plus fraternelle.

Poussant la collaboration jusqu'à l'ignominie, la bourgeoisie française et la droite sont sorties durablement discréditées et diminuées de la guerre et il faudra toute l'habileté d'un De Gaulle pour les sauver du naufrage total. Mais à quel prix et que penser du recyclage de tout l'appareil d'état collaborationniste y compris au moyen de certificats de résistance bidons à l'égal de ceux qui ont été fournis à Papon ? En quoi est-elle respectable et démocrate cette droite républicaine qui à signé les arrêts de morts de tant de démocrates ou de simples citoyens ? Elle n'est démocrate et respectable que lorsque la pression populaire la presse, la pousse dans sa tanière et la neutralise. "..On ne fait pas la même politique en France si le PCF est à 20% ou au dessous de 10%.." disait en son temps François Ceyrac alors président du CNPF, l'ancêtre du MEDEF, dans une sorte d'hommage du vice à la vertu.

C'est ainsi que le durcissement général du discours et de la politique de la droite et dont Nicolas Sarkozy est un exemple ne me paraît être que le résultat de la liberté laissée à celle-ci d'occuper tout le terrain du débat et des choix politiques. Avoir une candidate socialiste dans la continuité de la dérive libérale de son parti et qui ne semble avoir d'autre programme politique que de courir après les mirages d'une république qui finit de se vider de sa substance pour n'être plus que par ses oripeaux ne peut que renforcer le pouvoir de la bourgeoisie et laisser libre cours à la droite pour rejoindre son lit naturel. Et celle-ci sera d'autant plus autoritaire et violente que les tensions sociales ne peuvent que continuer à s'aggraver devant les dégâts engendrés par la fuite en avant libérale. Le 29 mai a été pour elle un coup de semonce et au delà du matraquage idéologique elle commence déjà à prendre des mesures pour ne plus pouvoir voir le verdict des urnes lui échapper, j'en veux pour preuve l'attaque qui commence contre le suffrage universel par la mise en place dans des municipalités UMP de machines à voter et qui concerneront le 22 avril déjà un demi million d'électeurs.

Une page ouverte en 1944 est en train doucement de se refermer, la bourgeoisie sonne à nouveau la fin de la récréation. Il y a urgence à constituer un pôle de résistance fort aux coups qui vont continuer à pleuvoir et redoubler d'intensité. Au delà des présidentielles que la bourgeoisie a déjà gagnées que ça soit Sarkozy, Bayrou ou Royal qui soit élu(e), pour ne citer que les favoris des sondages, c'est de notre capacité à nous unir sur des objectifs anti-capitalistes clairs, à faire monter l'exigence d'une autre société et à fédérer les luttes en les faisant converger vers cet objectif central que dépendra l'avenir de la démocratie dans notre pays. Si nous échouons, toutes les dérives sont possibles et la droite n'aura pas besoin de Le Pen...

En attendant jusqu'au 22 avril toute voix gagnée pour Marie-George Buffet constitue un pas dans la bonne direction, et la route est longue.

lundi 26 février 2007

Papon est mort...

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... grand bien nous fasse.

Puisse-t'il rencontrer dans ses errances futures la longue colonne des victimes de son ambition sans scrupules. Les enfants, femmes et hommes raflés en gironde parce que nés juifs et déportés au camp de Drancy d'où ils furent livrés à la froide et bien huilée machine à assassiner nazie pour finir de la mort atroce que l'on sait; Les nationalistes marocains et algériens disparus ou exécutés lors de ses passages comme haut fonctionnaire au Maroc et à Constantine en Algérie; Les manifestants algériens venus en famille et en paix manifester leur soutien au FLN au coeur de Paris et dont la seine charriait des corps une semaine après le massacre ou les huit de Charonne lors de son passage comme préfet de police de la Seine.

Puisse-t'il ne jamais trouver la paix, ce parfait exemple de ce que notre république est capable d'engendrer de meilleur. Qu'on en juge, ce fils de petit notable du centre-gauche a gravi tous les échelons de la fonction publique jusqu'au poste de préfet de Police de Paris avant de poursuivre une carrière politique qui devait l'amener au plus haut sommet de l'état comme ministre du budget. C'est que de la SFIO sous le Front Populaire jusqu'au gaullisme de la 5ème république en passant par la "révolution nationale" de ce bon vieux Pétain, ce pilote en eaux troubles a su naviguer avec finesse et comme seule boussole son ambition sans limite. Jusqu'à franchir en toute conscience et avec un cynisme total les frontières de l'innommable. Mais qu'on ne se trompe pas, en franchissant le rubicond de l'ignominie, Papon n'agit pas seul. Ça n'est pas un déséquilibré qui fourvoie la "République" dans l'erreur sanguinaire. Non, c'est tout simplement une république de façade issue d'un pacte scellé entre notables radicaux et réactionnaires monarchistes sur les ruines fumantes et les charniers de la Commune de Paris, une république qui a pu envoyer pendant 4 ans les forces vives de sa nation se faire broyer aux champs d'horreur sans trembler sur ses bases, une république au seul service des intérêts de sa bourgeoisie qui recouvre son lit naturel après l'aube avortée d'un front populaire qui n'a même pas été capable de tendre la main à son frère espagnol étranglé par la sédition et les armées fascistes et nazies, une république fondée sur la haine de classe dès son enfantement et qui poursuit dans la collaboration la seule tâche qui lui a été confiée sur ses fonds baptismaux : Contenir les aspirations populaires pour qu'elles n'empêchent pas la bourgeoisie de continuer à mettre en coupe réglée les richesses de la nation. La réhabilitation de Papon au sortir des années noires de l'occupation n'est ainsi pas une erreur. C'est la réhabilitation, par une droite que De Gaulle aura sauvé du naufrage, de l'appareil d'état indispensable à la poursuite des sales besognes de la république, aussi bien sur le sol national que dans les colonies.

Que Papon meure aujourd'hui est sûrement la seule chose de bien qu'il ait fait dans sa vie : Il nous rappelle la vraie nature des enjeux à la veille d'une échance électorale au cours de laquelle on voudrait nous faire croire qu'il n'y aurait le choix qu'entre le premier flic de France et la madone d'un PS dont on se demande où s'arrêtera sa dérive libérale, sous la menace du thuriféraire des fascismes et autres nazismes du XXème siècle.

Qu'on ne s'y trompe pas, la république et la démocratie restent encore à construire dans notre pays.

vendredi 26 janvier 2007

Janvier ...




Ca y est nous y sommes. 2007 est parti, on s'y enfonce. Saddam Hussein est mort, assassiné par les collabos irakiens, et ce crime met en lumière une fois de plus, si c'était nécessaire, la démocratie "made in USA". Une "démocratie" qui sent le gibet et les corps en décomposition depuis sa fondation sur les décombres des peuples amérindiens exterminés avec un méthodisme et une application préfigurant, déjà, les délires exterminateurs de l'Allemagne nazie et dont auront massivement fait les frais les juifs d'Europe, les Tziganes et les Soviétiques.


2007 commence grise sur le vieux continent. Pas de ce gris lumineux du givre et de la brume descendant la vallée et qui nous rappelle, malgré les explosions d'une lumière ciselée dans la cristalline clarté de l'après-midi, que l'hiver n'a pas abandonné les rives de la Dordogne. De ce gris de cendre qui vient recouvrir les environs immédiats des catastrophes et dont les new-yorkers doivent encore garder le goût âcre bien incrusté au fond de leurs sinus. C'est qu'alentour tout semble vouloir continuer à brûler. Le capitalisme mondialisé continue a étendre ses ravages et à resserrer son étreinte des fins fonds de l'Afrique aux bords de la Baltique. Ici même tous les freins semblent levés et la pente libérale dans laquelle s'engage la société paraît devoir mener la voiture des conquêtes sociales à un crash que le Medef appelle de ses voeux les plus indécents, allant jusqu'à réclamer la suppression de la durée légale du travail (!!!!) et que relaie inlassablement notre nabot national sans que la candidate socialiste ne semble s'en émouvoir plus que ça. Et pourtant il y a tout lieu de s'inquiéter gravement. Entre la dérive tout sécuritaire et l'apologie du travail au seul profit des mêmes, il y a des accents qui rappellent un "arbeit macht frei" de sinistre mémoire... Les portes de cet enfer s'ouvraient d'ailleurs sur quelques rares survivants et sous les regards incrédules et choqués d'une patrouille montée de l'avant garde de l'Armée Rouge il y aura tout juste 62 ans demain. Mémoire.


Pas de signe d'éclaircie à l'horizon ? Heureusement il y a Cuba et la vague bolivarienne qui semble vouloir emporter un à un les pays d'Amérique Latine vers un avenir libre loin de la tutelle assassine du plus grand pourvoyeur de criminels de l'histoire. Le Venezuela au terme d'un processus initié en 1998 affirme vouloir s'avancer sur la voie du Socialisme, suivi par la Bolivie. L'Argentine, le Chili, l'Uruguay, le Salvador et le Brésil avaient déjà porté au pouvoir une gauche après des années de plomb, que viennent rejoindre l'Equateur et le Nicaragua. Une fraude massive a volé la victoire au candidat progressiste lors des dernières élections présidentielles du Mexique. Les cartes sont-elles prêtes pour une redistribution du jeu en Amérique Latine ? L'Oncle Sam y perd du terrain, et c'est déjà en soi une bonne nouvelle.


En attendant, déjà 43 ans que les FARC de Colombie ont lancé leur combat libérateur... 43 ans de courage et de sacrifices méritent bien un petit hommage.